Photo_soutien_recherche_AN_121114AIDONS MARINA soutient l'initiative de l'association EVA POUR LA VIE qui subventionne un nouveau projet de recherche fondamentale unique en Europe sur les tumeurs cérébrales pédiatriques.

Ainsi, un partenariat est noué entre AIDONS MARINA et l'INSERM via l'équipe des Drs Hagedorn et Grosset, reconnue par plusieurs équipes & experts scientifiques européens. 

AIDONS MARINA va, dans un premier temps, financer l'achat d'un incubateur à oeufs. D'autres financements viendront grâce à vos dons et au fur et à mesure des bénéfices réalisés lors des manifestations organisées régulièrement.


Ce projet de recherche fondamentale prometteur (validation d’un modèle préclinique dans le traitement personnalisé des enfants atteints de tumeurs cérébrales) est également soutenu par
SOS LENNY (Grenoble), ESCAPE (Brest), FONDATION FLAVIEN (Monaco). D'autres associations et mécènes, investis dans la lutte contre les cancers de l'enfant, se sont aussi engagés à soutenir des projets de recherche fondamentale et translationnelle cohérents, répondant aux besoins des enfants atteints de cancers.

 Lire le résumé grand public du projet de recherche "Implantation de fragments tumoraux sur la membrane chorio-allantoïdienne d'embryon de poulet : validation d'un modèle préclinique dans le traitement personnalisé des enfants atteints de tumeur cérébrale"

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Interview du Dr Martin Hagedorn,

Médecin et enseignant-chercheur


"Je m’appelle Martin Hagedorn. Je suis enseignant-chercheur à l’Université Bordeaux et travaille dans l’équipe de Christophe Grosset au sein d’un laboratoire INSERM. Médecin de formation, je me suis intéressé dès ma thèse de médecine à la recherche biomédicale et plus précisément à la modélisation des tumeurs chez l’animal avec comme objectif de découvrir de nouveaux biomarqueurs ou cibles thérapeutiques."
  

Pourquoi avez-vous choisi d'orienter vos recherches sur les cancers de l'enfant ?

Au cours des années précédentes, j’ai étudié un processus biologique très important pour la progression tumorale, la croissance des vaisseaux sanguins ou angiogenèse tumorale. Sans vaisseaux sanguins, une tumeur ne peut pas croitre et nous avons choisi d’étudier ce processus dans les tumeurs très vascularisées, les glioblastomes ou astrocytome de grade IV. Ce type de tumeurs cérébrales a un pronostic très défavorable et touche surtout les personnes âgées, mais malheureusement aussi des enfants. Comparé à une personne âgée, ce sont bien sûr ces derniers qui sont le plus affectés en termes de vie et d’avenir. Ce type de tumeurs – et d’autres tumeurs cérébrales - reste donc un problème médical de tout premier rang. C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé d’étudier les tumeurs cérébrales chez l’enfant.

Pouvez-vous nous présenter votre projet de recherche ?

Au sein de l’équipe, nous allons mettre en place un modèle animal permettant d’étudier les tumeurs cérébrales de l’enfant au niveau moléculaire et génétique et de comprendre pourquoi ces tumeurs sont si agressives et difficiles à traiter par chimiothérapie. En pratique, nous allons implanter des fragments de tumeurs obtenus après chirurgie (collaboration avec des cliniciens) dans un embryon de poulet. Ce modèle, que j’utilise depuis plus dix ans, permet d’observer en temps réel la croissance d’une tumeur et d’étudier son comportement. On peut par exemple voir quand la tumeur se vascularise et son interaction avec les tissus normaux environnants de l’embryon. Après implantation, les cellules tumorales se divisent, la tumeur se vascularise et reproduit de façon très proche les différentes étapes de la croissance d’une tumeur chez le patient. Mes travaux visent à établir un protocole d’implantation de tumeurs cérébrales pédiatriques reproductible dans ce modèle animal et ensuite à étudier en détails ces tumeurs. Mes objectifs sont d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques dans ce cancer et de tester de façon préclinique l’efficacité de certaines molécules anti-cancéreuses.

Quels sont vos objectifs, et espoirs, pour les petits patients ?

Nos objectifs sont clairs : établir un protocole d’implantation des tumeurs cérébrales pédiatriques de façon à avoir quelques dizaines de fragments en culture par patient et tester sur chaque tumeur l’efficacité d’agents thérapeutiques déjà disponibles en clinique ou de nouvelles molécules. 
Avec ce type d’analyses en laboratoire dites précliniques, on peut envisager de déterminer en quelques jours ou en quelques semaines quel est le traitement le plus efficace et administrer de façon individualisé ce traitement à chaque patient. Ce protocole d’implantation permettra également de détecter de nouveaux gènes ou facteurs participant à la croissance des tumeurs et de savoir si ce sont potentiellement de nouvelles cibles thérapeutiques dans ce cancer.

Comment a été accueilli ce projet par les experts ? Allez-vous collaborer avec d'autres équipes ?  

Des collègues biologistes ainsi que des médecins experts dans ce domaine (neurochirurgiens) sont enthousiasmés par notre modèle chez l’embryon de poulet dont nous avons largement démontré l’intérêt en laboratoire avec des lignés cellulaires. Même si notre équipe de recherche (et d’autres) a déjà montré que les fragments de tumeurs d’adultes s’implantent très bien dans ce modèle, cela reste à démontrer avec des fragments de tumeurs pédiatriques, mais je suis optimiste quant à la réussite de ce projet. Pour cela, nous bénéficions de liens étroits avec des chirurgiens, des cliniciens et d’autres chercheurs experts en cancérologie en France et à l’étranger.

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